Tikannis ?

Olla Kalla

Et nos amis grecs ne faisant pas les choses comme nous disent « Ne » pour dire OUI, et « Oxi » (prononcer ochi, avec le « ch« chuinté comme le ich allemand) pour dire NON.

C’est l’expression à l’origine du OK américain. On dit beaucoup de choses à propos de son origine, même des  hasardeux « 0 Killed » durant la guerre d’indépendance ou de sécession ou  » Oll Korrect » . Son origine grecque viendrait des marins grecs travaillant à New York qui marquaient d’un OK  les caisses enegistrées au port.

On dit aussi que Washington l’utilisait pendant la guerre d’indépendance pour signifier que tout allait bien. Je penche pour cette version : Washington transforme Olla Kalla en OK pour des messages cryptés durant les batailles, pour l’utiliser également comme affirmation, une sorte de YES codé. Washington n’était pas grec, ni même d’origine mais appartenait à une confrérie dans laquelle la culture grecque est encore aujourd’hui centrale. Le futur premier président était FM , ce n’est un secret pour personne, ni pour ceux qui ont vu un billet de un dollar.

Combien de OK des banques qui prêteront des dollars à la Grèce ?

Combien de OK du peuple grec ?

Décrocher la lune

Les guerres d’indépendance américaines ont eu pour motif le centralisme économique de Londres et de Madrid entre autres. Aujourd’hui, c’est le centralisme économique américain qui fait des dégâts à l’Europe et au reste du monde. Le XXe siècle et ce début de XXIe nous auront peut-être ( enfin ?) enseigné une chose : bolchévisme et libéralisme , deux formes de centralisme, bureaucratique ou financier, qui ne sont que les deux faces d’une même monnaie sont à combattre avec la même intensité : ils sont tout aussi antidémocratiques l’un que l’autre.

Mais au moins, dans le système soviétique, on connaissait les noms des membres des bureaux et comités. Dans le système libéral, il est quasi impossible de connaître les actionnaires, les compositions des conseils d’administration . Les extrêmes se rejoignent, le serpent se mord la queue, toujours , à la fin du compte.

Le modèle à venir ressemblera peut-être à ce que Howard Zinn appelait « le socialisme sans prison » en comparant l’invention de ce système démocratique – à la fois politique et économique- à celui de l’aviation ; il a fallu plusieurs tentatives, plusieurs ratés et des vols de plus en plus sûrs, de plus en plus longs pour en venir à ce qu’elle est aujourd’hui . Du point de vue politique, il y a eu la Commune de Paris et la 2eme République espagnole qui ont été ces petits moments de démocratie directe durant lesquels la délinquance et la criminalité baissèrent, et donc la répression policière.

Ces deux évènements font partie des premières tentatives d’envol, il y en a eu d’autres et il y en aura d’autres encore, pour aller décrocher la lune.

Eclatements

Aujourd’hui, quand on parle d’indépendance, il s’agit de celle des banques centrales . Indépendance vis-à-vis de qui ? Des politiques, bien sûr, ces méchants politiques bêtement élus par des rustres ( cf « Capitalism, a love story » ). On en voit maintenant le résultat : les gouvernements ne peuvent plus émettre leur propre monnaie, ils doivent l’acheter aux banques privées de la même façon on n’augmente plus les salaires ( on va même les baisser encore et encore) pour obliger les plus démunis à en faire de même . Les français ont même élu un président en 2007 qui a clairement dit que les salaires ne seraient plus augmentés . Désormais, il faudra travailler plus pour gagner plus. Le fordisme, donner aux ouvriers un salaire qui leur permette d’acheter les voitures qu’ils produisent, est mort et enterré avec la mondialisation.

Augmenter les salaires en Europe pour relancer la consommation ? soit. Mais cela ne relancera pas nécessairement l’emploi, sinon dans les usines chinoises . Je ne sais pas si cette situation a été délibérément voulue ou s’il s’agit d’une conséquence collatérale, quoi qu’il en soit, elle finira par se retourner contre ceux qui l’on créée . L’argent est gagné par les commerçant et les intermédiaires, entre les centre de production à bas coûts et les lieux de vente au niveau de vie plus élevés. Ce système est né avec la découverte de l’Amérique, événement premier de la mondialisation économique. Ce sont les mêmes, notamment en Amérique latine, qui s’enrichirent pendant des siècles grâce à ce commerce qui refusèrent de payer le moindre impôt une fois les colonies devenus indépendantes.

Rien de nouveau sous le soleil, l’Histoire se répète La victoire des banquiers-assureurs-spéculateurs est totale : ils décident non seulement de votre niveau de risque et donc du taux d’emprunt, mais inventent des produits spéculatifs pour accroître leurs propres bénéfices en se les revendant mutuellement et à l’infini . Le système est devenu tellement fou qu’il s’écroulera ou survivra par l’absurde : ce n’est pas une si mauvaise nouvelle d’apprendre que le monde de demain sera gouverné de façon totalement surréaliste, abstraite ( quoique, c’est déjà le cas), dadaiste, pataphysique, voire anarchiste ; je parle de pure anarchie, la vraie, pas celle du désordre qu’elle est supposée engendrer, non . Je parle d’une société où chaque individu se respecte, ayant librement accès à l’éducation, la santé, la culture, au logement. Une société anarchiste n’est pas une société du désordre, mais une société égalitaire et sans hiérarchie.

Cela demande beaucoup d’efforts de la part de chacun, mais nous sommes bien trop paresseux et acceptons de voir le monde comme un grand supermarché où tout est supposé être à portée de main. Un certain volcan islandais nous a rappelé il n’y a pas longtemps que cette époque est révolue.

Cycle ou histoire linéaire

A force de nous rebattre les oreilles avec la fin du monde, nous assistons à la fin d’un monde : centraliste, patriarcal, biblique, judéocristomusulman, les « religions du livre » comme on dit . Celui qui n’a pas inventé le monothéisme mais l’intolérance religieuse. Le monde aurait pu être meilleur sans ces religions, nous ne le saurons jamais. Je propose à l’instar de Talisma Nasreen d’interdire les religions comme on interdit le tabac . Ce dernier est scientifiquement reconnu mauvais pour la santé, je considère la religion comme étant néfaste pour l’esprit.

Alors que les événement nous montrent et nous démontrent à quel point l’Histoire est cyclique – rien de nouveau sous le soleil-, les religions continuent à (se) nous la raconter de la façon la plus linéaire possible : avant c’était pas bien, mais depuis que nous sommes là ça va mieux et si vous nous croyez demain….et quand vous mourrez, ce sera le jackpot !!!

Ben voyons ..

La religion est ennemie de la pensée.

Le mâle blanc occidental judéo-chrétien hétérosexuel cesse d’être le modèle de référence, le modèle étalon du civilisé . Il aura fallu beaucoup de temps et il en faudra encore un peu entre l’acceptation de la fin de règne et son application réelle dans nos sociétés . Je viens d’un pays qui parle encore d’une identité nationale pleine de sous-entendus qui montre du doigt certaine communauté . Il n’y aura plus de révolution sanglante et destructrice en Europe , nous savons que trop à quoi cela ressemble, les douleurs provoquées et le temps perdu à reconstruire.

La révolution à venir sera individuelle, sourde et muette, micro-biologique, pour paraphraser Michel Onfray, et pour le citer ( la puissance d’exister) : la société à venir en tant qu’association d’égoïsmes. La non consommation, voire l’anticonsumérisme s’imposera de lui-même, grâce à ceux-là mêmes qui ont promu la consommation à outrance. Les mesures drastiques que les financiers imposeront à la Grèce et à d’autres pays seront tels que la consommation s’effondrera d’elle-même : nous ne serons pas assez stupides pour mordre de nouveau à l’hameçon de l’emprunt individuel pour acheter et acheter encore ; non seulement, cela ne crée pas d’emploi, ni de richesse chez nous, mais nous enrichissons les mêmes intermédiaires qui ont ruiné l’Amérique latine lors de leurs indépendances ; assez puissants pour se payer leurs propres milices et refuser l’impôt, ils se sont faits  les complices des jeunes multinationales et donnaient naissance à une nouvelle forme de colonialisme. Il y avait de nouvelles nations en Amérique, mais eux continueraient à faire la même chose en s’enrichissant sur la misère humaine. Alors nous cesserons de culpabiliser et de condamner les non-consommateurs de plus en plus nombreux par la force des choses. Le danger est bien là : rendre coupables de nos maux actuels et à venir ceux qui ne consomment pas ; alors il faudra les mettre en prison et les sociétés européennes se seront totalement américanisées : de la prison comme traitement social du chômage et de la misère. D’ailleurs, en France, on privatise la construction des futures prisons. Si on appliquait la proportion de prisonniers aux USA à la France, il y aurait près de 400 000 détenus au lieu de 60 000.

A ce niveau, on n’appelle plus ça des prisons mais des camps de concentration.

Ce n’est pas aux plus pauvres de « déconsommer », évidemment, mais les classes moyennes : ça tombe bien, elles commencent à être touchées. C’est généralement là que tout commence…

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres

Et que la fête commence….

Tikannis ?

Olla Kalla

La richesse a toujours été un bien commun (A.Rimbaud)

Sur ce, je m’en vont caboter

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