Tunisie

« J’aimerais que ce Parlement soit à la hauteur de la fierté des tunisiens…. »

Je n’ai pas grand chose à ajouter à l’intervention de Daniel Cohn Bendit, sinon que le  » risque de contagion » comme on l’a si joliment dit dans les médias français, ( la démocratie est-elle une maladie ? ) ce risque de contagion pourrait bien déborder au delà de ce que l’on imagine.

Le ministère des affaires étrangères offre ses services à une dictature.

Et sans parler de tous ces politiques français, de droite comme de gauche qui ont tenu des propos honteux, dignes de la pire Realpolitik.

Parce qu’un peuple courageux, épris de liberté et de dignité n’est pas  » mûr » pour la démocratie quand il se trouve au sud de la méditérranée.

La Tunisie, un exemple à suivre. C’était « avant ». Le FMI juge très positivement la politique tunisienne.

Il y a quelques jours, une agence de notation a baissé la note du pays  » pour cause d’instabilité ».

Oui, la finance est ennemie de la démocratie, ennemie des peuples, notre ennemie. Bien plus qu’un supposé danger islamiste en Tunisie.

Oligarchies

Ce qui est propre à une dictature, et la dictature de ben ali en particulier, c’est l’installation d’un régime policier, répressif au service d’une minorité proche du pouvoir, une oligarchie.

Nous sommes bien mal placés en France, aujourd’hui, pour donner des leçons au peuple tunisien avide de liberté et de démocratie. Les exemples ne manquent pas .

Bouygues, Bolloré, Lagardère, Servier, Bettancourt, autant de richissimes contributeurs au pouvoir actuel, qui  ont financé l’accession au pouvoir de Sarkozy. contributeurs du parti qui en échange, ont bénéficié ds lois fiscales les plus iniques qu’ait connu  la France de puis bien longtemps…

Révolution fiscale

Pour une révolution fiscale est un livre (Seuil, La République des idées, 12,50€) qui sera l’une des références du débat public de la prochaine élection présidentielle, surtout dans les rangs de la gauche. Ecrit par trois économistes qui figurent parmi les meilleurs spécialistes de la question des impôts en France, Camille Landais (chercheur au Standford institute for economic policy research), Thomas Piketty (professeur à l’Ecole d’économie de Paris et directeur d’études à l’EHESS) et Emmanuel Saez (professeur d’économie à Berkeley), l’ouvrage et le site Internet qui lui est adossé présentent le double mérite de dresser un constat incontestable – et accablant – des graves dysfonctionnements du système fiscal français et des inégalités qu’il génère; et de soumettre des pistes de réflexion radicales non plus pour le rafistoler mais pour le reconstruire de fond en comble.

Il a existé un cas similaire en France, il y a plus de deux siècles. Vauban fut l’un des rares aristocrates  à avoir parcouru la totalité du territoire français lors de la fortification de ses frontières. Cela lui permit de connaître la réalité de la vie des français de cette époque.

De retour à la cour, il proposa à Louis XIV de réformer la fiscalité afin que la noblesse participe au financement du royaume et d’alléger le poids de l’impôt sur les français les plus humbles. Cela lui fut refusé.  Comme le refusa plus tard Louis XVI à Turgot.

On sait ce qu’il advint en 1789. un certain 14 juillet. Le peuple tunisien aujourd’hui parle d’un autre 14. janvier celui-là.

Et le peuple français se doit d’être à ses côtés.

Nouvel esclavage

Mais que pouvons nous, nous, de notre côté quand une oligarchie nous mène une guerre sans répit ?

Destruction des services publics, de l’éducation ( Juppé  a eu raison de dire qu’une des causes de la révolte des jeunes tunisiens est leur haut niveau d’étude, ce ne sera bientôt plus le cas en France…)

Et la réforme des retraites qui fait peser encore plus le poids de l’injustice.

La France n’est évidemment pas une dictature, juste une démocratie fatiguée, malade de ses dirigeants coupés des réalités, qui n’a pour toute réponse que répression et exclusion.

Il paraît qu’on appelle ça une  » démocrature ». Vivement qu’ils s’en aillent.

Tous.

Comme à Tunis.

Bravo et merci au peuple tunisien.

Moubarak dégage !

Et maintenant l’Egypte ?




 

 

 

 

 

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