Mille Chili

Il y eut à une époque des révolutionnaires rêvaient de mille Vietnam. Ils furent éliminés. D’autres qui rêvèrent d’indépendance et de progrès. Ils furent éliminés. Lumumba, Ben Barka, Sankara et tant d’autres…

Aujourd’hui, les « vainqueurs », les assassins, parviennent à répandre mille Chili -celui de Pinochet- à travers le monde. Et enfin le « traitement de choc » – gentil euphémisme pour la nouvelle guerre des classes, celle des riches contre les pauvres – est arrivé en Europe. La dernière des batailles ? Ou bien la première ?

Les politiques se sont désavoués. Qu’ils se disent de gauche ou de droite n’a plus aucun sens. L’économie a gagné.  Pour l’instant.

Une France de propriétaires, une des promesses heureusement non tenue par l’actuel président de la République, la crise des subprimes  arriva à temps, est une répétition du Chili de propriétaires de Pinochet et ses Chicago Boys. Il y a plus de quarante ans, Pinochet prenait le pouvoir lors de  » l’autre » 11 septembre.

Et Sarko de repeindre des vieilles recettes qui ont prouvé leur inefficacité aux couleurs de la modernité.

Aujourd’hui, nous sommes tous chiliens.Et si nous remplissons les stades de façon différente, ce n’est que pour nous vider  du peu qui reste de nos consciences.

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Est-il possible d’échapper à un discours, à une chronique, une information qui ne contienne pas de pourcentage, en dehors de la météo ?

Le lavage de cerveau continue. Les sudoku remplacent les mots croisés, l’orthographe est une catastrophe pas seulement en France, y compris dans les pays où elle plus simple – ce qui n’est pas difficile- la culture générale s’effondre .

Des politiciens brandissent l’étendard de la défense de l’instruction publique. Bravo. Tels des don Quichotte, ils partent en guerre pour une cause qui ne devrait plus en être une. Instruction publique, santé publique devraient aller de soi. Ils sont encore utiles aux campagnes électorales, comme les curés qui ont besoin de misère.

Vote extrême ou abstention, je ne vois pas d’autre solution. Trouver un homme ou une femme qui tienne debout – encore … Ou  qui obtiendrait l’adhésion de la population sans les artifices de la com’  ou du dogme libéral. 

Déclaration d’indépendance : peu de pays ont eu à lutter pour leur indépendance. Les guerres d’indépendance sont la règle en fait. Les quelques ex colonisateurs n’ont pas eu passer par cette épreuve. Bientôt leur tour, hélé, vis-à-vis des banques.

Ailleurs

La solution à cette situation est de toute évidence ailleurs. Là où personne ne sait. La réponse est qu’il n’y a pas de réponse. Pas de système opérant :communisme, socialisme, fachisme, capitalisme, rien ne fonctionne vraiment.

Fuir. A condition de ne pas savoir où. Ailleurs. Faire comme si tout ce qui existe en réalité n’existe pas. Ranger les discours  politico-économiques à leur place. Et ne pas oublier de tirer la chasse.

Les dirigeants ont le pouvoir que nous voulons bien leur accorder. Ne pas l’oublier.  Ils en sont rendus à nous maintenir dans une angoisse permanente, une peur de l’avenir qu’ils entretiennent afin de capter notre attention.  Il nous suffi de leur tourner le dos. Nous n’auront pas les méchants économistes en face de nous. Nous leur tournerons le dos également.

Ce faisant, nous ferons face à l’horizon, là où la mer rejoint le ciel.

20 novembre

Élections en Espagne et la droite l’emporte. Celle d’une « Espagne de propriétaires »  qui  a produit la fameuse bulle immobilière.

M’enfin, on verra. 

Nous sommes à un tournant, pas besoin de le dire et le répéter.  Il y a un peu plus de 40 ans, les mouvements de jeunesse en Europe avaient lieu sous le slogan « peace and love » . paix et amour.

Et une révolution – sociale celle-là – faillit faire tomber le pouvoir en France. On l’a que trop oublié et on en a retenu que la partie sociétale.

Et pourtant, les révolutionnaires ont vieilli.  La révolution a venir se fera au cri de  » amor y alegria » :  amour et allégresse, non pas « peace and love ». Parce que la paix induit une certaine passivité, une neutralité, un sourire béat ; une forme de fuite, d’évitement ; et qu’elle ne dérange personne. 

Rappelons-nous que mai 68 a aussi été la plus grande grève jamais organisée en France et a permis des avancées sociales importantes.

Amor y alegria donc. Parce que  l’allégresse demande d’être actif, d’inviter à sourire, à participer à la construction non pas d’un monde nouveau mais d’une nouvelle humanité. Non pas changer l’humanité mais changer d’humanité.

Amor et alegria, en espagnol parce que c’est plus coloré que « amour et allégresse » voire « amour et bonheur« . Le bonheur – à l’instar de l’amour est un mot fourre-tout auquel on peut donner le sens qui nous convient. Et c’est tant mieux. 

En espagnol parce que c’est en espagnol que le changement aura peut-être lieu, comme le peace and love demeuré en anglais.

Rien n’est plus beau quand tout est à construire. L’humanité ne sait avancer qu’à coups de pied au cul, je crois.

Soyons vigilants


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